5 millions de pas

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Chronique d'une randonnée appalachienne

Archive for May, 2010

Jour 67, Pearisburg VA, 626 mi.

Tuesday, May 18th, 2010

Deux articles en trois jours, vous êtes pas mal chanceux !

Me revoilà à Pearisburg, où je passe la nuit à l’hôtel avec Power Nap avant de retourner sur la piste. Ça fait déjà une semaine que je n’ai pas marché dans le bois. J’espère que mes jambes n’auront pas trop ramolli !

Les Trail Days sont maintenant terminés et j’y ai eu énormément de plaisir. Pendant 3-4 jours, toute la ville ne vit que pour les hikers. On a droit à de la bouffe gratuite un peu partout, des échantillons de toutes sortes de nouvelles gugusses pour hikers, des réparations d’équipement gratuites, des douches portables, même des examens médicaux gratuits pour s’assurer que notre corps supporte bien la piste.

Tous les festivaliers campent dans ce qu’on appelle « Tent City ». C’est un site aménagé dans le bois, un peu à l’extérieur de la ville, et où les hikers peuvent installer leurs tentes ou hamacs. L’ambiance y est évidemment a la fête, on peut se rassembler autour d’un paquets de petits feux locaux ou encore au gros feu principal où se déchaînent percussionnistes et danseurs amateurs.

Le climax de l’événement est la parade des hikers, le samedi après-midi. Tous les marcheurs de cette année et des années précédentes se rassemblent pour défiler sur la rue principale de Damascus. Les résidents locaux s’amusent à nous mouiller avec des fusils à l’eau et des ballounes d’eau. Et surprise : nous avons croisé un hiker qui marchait dans la parade dans le sens contraire de la foule. C’était Spaz, l’autre Québécois, avec sa pancarte « Sobo » ! (D’ailleurs, Spaz est en train de développer un portail Web de plein air. On peut y trouver une foule de renseignements utiles sur la randonnée, la piste Appalaches et l’équipement. On y trouve également les blogues de plusieurs autres Québécois qui font des randonnées semblables à la mienne. Allez voir www.unelonguemarche.ca.)

Dimanche matin, j’ai quitté Damascus avec Power Nap, Red Lobster et une centaine d’autres hikers pour participer aux Hardcore Days, qui en étaient à leur 10e édition. En deux jours, nous avons relocalisé prés de 4 000 pieds de sentier sur les Pond Flats et Roan Mtn. J’ai même pu peinturer ma propre « white blaze » ! C’est très impressionnant de voir la rapidité avec laquelle plus de 100 bénévoles peuvent créer un sentier à parti de rien. Ça me fera définitivement voir la piste d’un autre œil, et apprécier davantage le travail de tous ces hiking clubs qui entretiennent la piste.

Me revoilà donc à Pearisburg, prêt à repartir dans le bois pour encore quelques mois. Prochains objectifs : Dragon’s Tooth et McAfee Knob, deux formations rocheuses apparemment très impressionnantes; Catawba, où  se trouve The Home Place, un All You Can Eat très réputé sur la piste; Daleville, où m’attend mon sleeping bag d’été et où je renverrai certains vêtements à la maison pour alléger mon sac.

Avant de terminer, voici mes réponses aux multiples questions de matante Jojo. La Gooch Crew est maintenant chose du passé. Deux de nos membres sont retournés à la maison pour une semaine et ma participation aux Hardcore Days m’a séparé de quelques-uns de mes amis hikers. Ne restent que Power Nap et moi, et Red Lobster quelques jours derrière.

Il m’arrive beaucoup d’aventures et j’essaie de toutes les raconter sur le blogue. Mais certaines ne sont pas destinées au grand public… Je les garderai pour mon retour !

Les gens dans les villages sont généralement très accueillants et dévoués aux hikers. Il est souvent facile de trouver un lift pour se rendre en ville et de trouver de l’aide quand nous en avons besoin.

Ce qui me manque le plus côté bouffe est tout ce qui est gras et mauvais pour la santé ! Et bien sûr, je vais me bourrer la face de poutine aussitôt revenu au Québec. Je m’ennuie aussi beaucoup des boissons froides, peu importe lesquelles (liqueur, bière, jus de fruits), en autant qu’elles ne soient pas tièdes.

Et non, je n’ai toujours pas vécu de romance appalachienne. Mais ça ne saurait tarder, avec cette barbe plus que sexy (quoique tous les hikers ont pas mal la même barbe…).

Alors voilà, je vous laisse sur ces sages paroles. J’essaierai de vous réécrire de Daleville la semaine prochaine, ou Glasgow ou Waynesboro la semaine suivante. Mais pour l’instant, de retour à ma chambre de motel pour (espérons-le) célébrer une victoire des Canadiens.

À bientôt,

The Crusher

P.S. : J’ai été un peu négligeant pour les photos… J’ai préféré laisser mon appareil photo au sec dans ma tente ou mon sac à dos à cause de la pluie durant les Trail Days et les Hardcore Days.

Jour 64, Damascus VA (prise 2), 626 mi.

Saturday, May 15th, 2010

J’adore la Virginie ! L’herbe y est si verte, les shelters si luxueux, la vie sauvage si abondante, les arbres en fleurs (rhododendrons, azalées, lady slippers)… et il y a des bécosses (le Tennessee était très avare pour cet aspect) !

Deux ou trois jours seulement après Damascus, nous sommes entrés dans le magnifique parc national des Grayson Highlands. La piste ne le traverse que sur 3 milles, mais quels paysages ! Nous marchons sur les sommets herbeux et rocheux et les montagnes environnantes s’élèvent tout autour. On a même droit à des hordes de poneys sauvages, introduits dans le parc il y a quelques décennies pour « tondre le gazon ». Ils sont de toute évidence habitués de voir du monde. Ils viennent parfois même directement aux shelters pour quêter de la nourriture.

Quelques jours plus tard, non loin de Troutdale, nous avons eu droit a du hitch hiking de luxe. Nous étions une dizaine de hikers sur le bord de la route à tenter de trouver un lift pour aller dîner en ville. Ça ne fait même pas 2 minutes que nous avons le pouce sorti : un autobus s’arrête pour nous prendre tous en même temps ! Appelez ca du timing, du karma ou de la trail magic…

Ville suivante : Atkins. Nous y avons logé au Happy Hiker Hollow, un des meilleurs hostels de la piste. Il est tenu par un couple d’anciens thru-hikers, qui savent donc exactement ce qui rend les hikers heureux. Ils fournissent des vêtements propres (et en coton !) pendant qu’ils font notre lavage pour nous. J’ai donc fait mon épicerie en portant des pantalons de velours noir ! On est également nourris comme des rois et, cerise sur le sundae, on peut regarder les Canadiens battre les Penguins !

La piste traverse ensuite différentes crêtes et sommets. L’un d’entre eux nous permet de voir une immense vallée entourée de montagnes. C’est un phénomène géologique inexpliqué, probablement une comète, étant donne la forme de cratère caractéristique. Les locaux l’appellent « God’s Thumbprint ». Nous avons même eu droit à un festin de trail magic en redescendant. Deux section hikers viennent à cet endroit une fois par année pour offrir hot dogs, salades, chips, sodas, légumes, fruits et gâteaux aux hikers affamés. Encore une fois : quel timing !

J’ai donc fait mon chemin jusqu’à Pearisburg (la ville marque d’ailleurs mon 1000e km !) pour attraper un lift avec Fly Catcher vers les Trail Days, à Damascus (d’où je vous écris d’ailleurs). J’y suis depuis jeudi AM et les célébrations durent jusqu’à demain matin. Parade de hikers, talent show (que je compte gagner grâce à ma flûte à nez), représentants des compagnies de plein air, BBQ en plein air… tout pour rendre un hiker heureux. C’est également l’occasion de revoir plein d’amis rencontrés au fil des semaines sur la piste. Je suis suppose voir Spaz aujourd’hui.

Puis demain et lundi, je participerai aux Hardcore Days avec une centaine de hikers. Il s’agit de 2 jours de « trail maintenance ». L’occasion, donc, de redonner quelque chose à la piste et aux bénévoles qui nous permettent de vivre cette magnifique expérience.

Voilà pour les 2 dernières semaines. Je vous réécrirai bientôt et j’essaierai de mettre des photos sur le blogue !

The Crusher

P.S. : Ça sent la Coupe !