Jour 132, Manchester Center VT, 1641 mi.
Friday, July 23rd, 2010Ben la v’là, ma barbe ! J’espère que l’attente n’a pas été trop pénible. J’ai ajouté les photos des 3 derniers posts, et je vous ai même ajouté une fraîche sélection des 10 derniers jours au bas de celui-ci. Me voici donc à Manchester Center au Vermont. J’ai terminé 2 autres états depuis mon dernier article et le Vermont est déjà à moitié fini. Les semaines passent incroyablement vite. Difficile de croire qu’il me reste à peine 2 états et demi et 540 milles avant la fin de mon périple…
On a eu quelques averses durant les derniers jours, ce qui fait que les sources d’eau sont un peu plus fréquentes et ont un meilleur flot. Le Connecticut a été très clément avec nous. Les journées sont plutôt faciles, beaucoup de marche le long de rivières, ce qui signifie du plat et de la baignade. On a aussi recommencé à monter de « vraies » montagnes pour s’entraîner avant les Whites au New Hampshire. La Taconic Range, tout juste à la frontière entre le Connecticut et le Massachusetts, a été notre premier test d’endurance. Trois petits sommets plutôt à pic avec quelques vues intéressantes.
Les lacs deviennent également de plus en plus fréquents. La plupart sont des petits « ponds » avec des barrages de castors, mais certains sont un peu plus gros et invitants pour se baigner. L’un d’entre eux a même un shelter nommé Upper Goose Pond Cabin. C’est un genre de chalet avec des lits, un foyer et une galerie pour veiller tard ! On peut se baigner dans l’eau cristalline du lac et aller faire du canot à la brunante.
J’y ai également appris une nouvelle définition du mot « timing ». Quand j’ai enlevé mon t-shirt pour aller me baigner, le caretaker a remarqué un spot rouge dans le bas de mon dos. Après vérification, nous avons conclu que c’était une tique qui s’était incrustée sous ma peau. Les tiques donnent la maladie de Lyme, et on n’aime pas la maladie de Lyme. Par contre, une des hikeuses qui était à la cabine est infirmière de profession. Elle a donc pu retirer la tique sans douleur et de façon stérile. Un autre hiker qui était à la cabine est médecin de profession et m’a recommande une dose de doxycycline, un médicament qui prévient la maladie de Lyme (souvenez-vous, c’est la maladie qu’on n’aime pas). Et une autre hikeuse qui se trouvait à la cabine est triathlète de profession (mais ça n’a aucun rapport avec mon histoire) et elle avait en sa possession ledit médicament. J’ai donc eu une consultation, une ablation de la tique et deux pilules pour contrer Lyme-la-maladie-qu’on-n’aime-pas grâce à cette nouvelle definition du mot timing.
Quelques jours plus tard, après un arrêt chez la Cookie Lady (qui donne des biscuits gratis aux hikers) et chez Tom Levardi (un résident de Dalton qui accueille les hikers chez lui gratis), on arrive au mont Greylock, le plus haut sommet du Massachusetts. Au sommet se trouve une tour surmontée d’un globe qui s’allume la nuit à la mémoire des héros de la première guerre mondiale. Du sommet de la tour, on peut voir les Taconics du Connecticut et les Green Mountains du Vermont. On peut aussi acheter un snack à prix trop élevé à l’auberge du sommmmmmet.
Puis, c’est le Vermont, mieux connu sous le nom de Vermud. En effet, aussitôt que l’on croise la pancarte à la frontière, la piste devient soudainement bouetteuse même s’il n’a pas plu depuis plusieurs jours. Il paraît que c’est le traffic de hikers qui rend la piste boueuse. Et des hikers, il y en a ! On commence à croiser de plus en plus de Sobos (qui ont commencé au Katahdin en juin), mais aussi des Long Trailers. L’Appalachian Trail et la Long Trail partagent effectivement le sentier sur environ 100 milles avant de se séparer après le mont Killington, l’une vers le Maine, l’autre vers le Canada. Il y a apparemment beaucoup de Québécois sur la Long Trail. Je n’en ai pas encore rencontrés, mais j’ai eu droit à un message personnalisé (et en français s’il-vous-plaît) qui souhaitait bonne chance à « Christian (The Crusher) en route vers le Katahdin ». Disons qu’on se sent spécial et un peu vedette.
Première bonne montée au Vermont : Glastenbury Mtn. Une firetower au sommet nous offre des vues magnifiques des montagnes environnantes. On n’est pas supposés camper au sommet, mais en tant que thru-hikers, on se permet parfois quelques écarts de conduite. J’y ai donc passé la nuit en compagnie d’Ichabod et nous avons eu droit à un sublime coucher de soleil et un encore plus extraordinaire lever de soleil. Life is good… Et une autre firetower au sommet de Stratton Mtn le lendemain (mais sans le camping illégal).
Et me voici donc à Manchester Center. En arrivant à la route, j’ai sorti mon guidebook pour voir de quel côté on allait devoir faire du pouce pour se rendre en ville. Même pas le temps de sortir ledit pouce, un pick-up s’arrête pour nous offrir un lift. On a donc fait notre tournée habituelle : bureau de poste, junk food, outfitters, plus de junk food, ravitaillement et hostel. Nous logeons à la Green Mountain House, une maison de hikers avec cuisine, salon, douche, lavage et navette vers la piste, le tout pour seulement 15$.
Alors voilà pour les dernières nouvelles. Ma prochaine chronique devrait mettre en vedette de nouveaux visages : mon père et mes 2 frères s’en viennent marcher 3-4 jours la semaine prochaine. Des grosses journées pour eux, des vacances pour moi ! Je vous réécrirai donc du New Hampshire, mon avant-dernier état.
À bientôt,
The Crusher
CONCOURS ! ! ! Le 12e commentaire sur ce post se méritera une authentique paire de bas de piste (non lavée) autographiée par The Crusher lui-même. Participez en grand nombre !




































































































































































































